le blogbuster - Chroniques cinéma de Ripley et Maverick
Toujours le poing levé.
par Ripley | le 25 février 2013 | 1 commentaire
Nos Seins nos armes, de Nadia El Fani et Caroline Fourest

Le 5 Mars à 22 H 45, France 2 diffuse Nos Seins Nos Armes, un documentaire sur le mouvement Femen réalisé par la journaliste et essayiste Caroline Fourest et la réalisatrice Nadia El Fani. J ‘ai de la sympathie pour les Femen ( femmes en latin), de l’amitié et du respect militant. Il en est de même pour Nadia El Fani (voir la critique de Laicité Inch Allah, très beau documentaire sur la Tunisie post Révolution et les aspirations des démocrates tunisiens) et Caroline Fourest.

Côté objectivité de la critique, j ‘ai fait mieux. Pourtant je pense que vous pouvez le regarder quand il passera sur France 2 parce que c ‘est un bon documentaire. Avec des vraies questions dedans (Y a t il un universalisme du féminisme ?), avec des images rares (Interview d’Alia El Mahdi), avec l’humour décapant-et-qui fait-du-bien de Nadia El Fani.

Au delà de la qualité de l ‘objet documentaire, le film répond à pas mal de questions récurrentes sur ces féministes venues du froid. Qui sont-elles ? Et surtout pourquoi ce mode de manifestation. Le corps, toujours le corps. Le corps qui est l’enjeu de l ‘émancipation des femmes inlassablement, dont la liberté réelle est un marqueur démocratie. FEMEN ne coupe pas les cheveux en quatre. Le film crée des ponts nécessaires avec l’Egypte et la Tunisie. Au cas ou quelqu ‘un penserait que les Droits des femmes n ‘est pas un enjeux mondial, qu’il se redirige sur le blog de Tarik Ramadan séance tenante.

Enfin c ‘est une intéressante réflexion sur la convergence du fond et de la forme dans la société de l ‘entertainement. Hormis Stéphane Hessel, que je soupçonne de bouffer à tous les râteliers, qui en aurait eu à faire des premiers Indignés sans ces images répétitives, jour après jour de tentes et de manifs ? Pas grand monde. C ‘est la longueur du mouvement dans un monde qui lui a apporté sa première notoriété. C’était cette distorsion temps-espace qui était intéressant. Les FEMEN c ‘est au moins aussi malin.

La distorsion est quelque chose dont nous avons besoin pour laisser une trace, ce qui n ‘est pas facile. Voici un mouvement qui s’inscrit dans une globalité des combats, chose rare, elles sont sur tous les fronts, et on peut questionner la pertinence de telle ou telle intervention. Mais surtout elles sont partout. Sus au relativisme culturel ! En allant se frotter à la sanglante Biélorussie, en mettant sur le même plan le sort des femmes arabes à qui l ‘on voudrait imposer la Charia au même titre que celles qui ne peuvent avorter, elles opèrent une sorte de réunification géographique et morale du féminisme.

Ensuite il y a la distorsion du corps. A force de penser qu ‘on avait gagné des droits (nous les occidentales), on avait cessé de les exercer. Grossière erreur, dans un îlot de libération sexuelle on oubliait les femmes des quartiers populaires et des zones rurales. On avait même arrêté de se battre contre les structures officiellement sexistes, l ‘Église par exemple qui excommuniait l ‘année passée une enfant de neuf ans qui avait avorté après un viol.

Pour toutes ces raisons, la distorsion FEMEN, avec ses qualités et ses défauts (c ‘est un peu le désarroi dans le film, quand Ana Hutsol, la fondatrice de FEMEN, cite Engels qui est aussi féministe que l ‘enfant caché de DSK et Benoit XVI.) est une nécessité. Un film a voir et à débattre sur le service public ( France 2- 5 mars), que demande le peuple ?

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1 commentaire sur “Nos Seins nos armes, de Nadia El Fani et Caroline Fourest”

  1. maverick:

    L’enfant caché de DSK et Benoît XVI, je demande à voir!

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