le blogbuster - Chroniques cinéma de Ripley et Maverick
enfants perdus
par Ripley | le 25 février 2013 | 1 commentaire
Lore, de Cate Shortland

Mai 1945. Allemagne. Lore est une adolescente fille de hauts dignitaires nazis du meilleur cru, gavée de 3ème Reich comme une dinde de Noël. Une fois son Furher mort, ses parents emprisonnés, l ‘aryenne se retrouve en charge de ses 4 frères et sœurs en bas âge dont un bébé. Elle doit les emmener chez la grand-mère pour assurer leur survie. La chose est difficile dans la débâcle, entre la faim, les couvre-feux, la peur d’être arrêtés, les frontières, et la  désorganisation subite de ces premiers jours d’après-guerre où l ‘on tue pour un quignon de pain.

Commence un voyage douloureux, loin du confort et de la certitude intellectuelle et morale de la race supérieure dont Lore est imprégnée. Aidée par un homme, juif qui plus est, Lore se retrouve confrontée au monde, à la misère, et au doute. Chaque étape peut signifier la mort, il faut échanger des bijoux de famille pour avancer, sans savoir si cela suffira. Premier film à la photographie absolument splendide, Lore est une œuvre aboutie.

La nature incongrue, libre et belle contraste avec la mort et la bassesse humaine qui est au coin de chaque rue. Lore transpire ce qu ‘elle est même affamée et perdue, et risque à chaque instant de trahir son origine. Elle méprise par dessus tout Thomas, le jeune homme juif qui lui vient en aide, et se met à reproduire la froideur de sa mère. Entrevoyant dans l ‘Allemagne dévastée le bilan de son parti préféré, Lore avale de quoi tuer le père, le Furher, et le Saint Esprit, mais ce n ‘est pas aussi facile que cela d’avoir 17 ans.

Pour un film sur la crise d’adolescence et le passage à l ‘âge adulte, on peut difficilement faire plus violent. La destruction de l ‘Allemagne nazie, sa scission physique, c ‘est l ‘effondrement du monde l ‘enfance, cauchemardesque épopée qui a construit la jeune femme. A mesure que le voyage avance et que Thomas se rend indispensable à la survie de Lore et de sa fratrie, le spectateurs ne peut jurer de sa dénazification, tant le mal est encré profondément. L’intelligence de la réalisation, de la direction d’acteur et la beauté de la mise en œuvre en font un voyage initiatique aussi étrange qu’intéressant.

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1 commentaire sur “Lore, de Cate Shortland”

  1. maverick:

    Ca fait penser à Allemagne, année 0.

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