le blogbuster - Chroniques cinéma de Ripley et Maverick
Splendide trahison
par Ripley | le 20 février 2013 | 2 commentaires
Shadow Dancer, de James Marsh

Colette (Andrea Riseborough) est irlandaise, républicaine de famille et de cœur. Quand elle loupe un attentat à Londres dans les années 90′, un agent du MI5 (Clive Owen) lui propose de devenir agent double. Elle choisit de retourner à Belfast avec son fils, sa mère, ses frères, plutôt que de passer sa vie en prison.

Voilà le pitch d’un film remarquable. D’un côté, l ‘IRA divisée, le chef paranoïaque et le fonctionnement type cosa nostra, où chacun est suspect et où tout le monde est lié par le sang, la mort, la cause. De l ‘autre des britanniques et loyalistes obscurs. Une administration en méandre, des colimaçons de mauvaise fois, où à force de manipuler tout le monde, l ‘enchevêtrement de la lutte anti terroriste devient une sorte de monstre incontrôlable.

Lui et Elle, des individus convaincus de la légitimité de la cause mais plus modérément des modes opératoires. Le génie du film c ‘est évidement le jeu avec le spectateur, l’agent le plus retournable du récit, qui change mille fois d’avis avant d’expurger la notion de morale du film.

Il n ‘ y pas tant de choses à dire si ce n ‘est l ‘extraordinaire maîtrise d’à peu près tout dans Shadow Dancer, que l ‘on aurait tord de qualifier trop tôt de thriller classique ou de film d’espionnage à papa. La direction d’acteur, la lumière, les non-dits, les infos manquantes auxquelles le film ne répondra pas toujours…Sous des airs de grande sobriété et de Belfast frais, on reçoit milles infos à la seconde, sentiments contradictoires, questions sans réponses, impressions que l ‘on délaisse.

Un très grand talent donc qui saute au dessus des écueils et propose un intéressant voyage au spectateur. Aux confins des registres picturaux et imaginaires, mi ciné, mi histoire,  de l ‘Irlande du Nord et de l ‘IRA, que nous possédons déjà ( très belle scène des funérailles).  Voyage aux antipodes familières de nos sentiments et de notre empathie pour ce qui ne peut s’empêcher de naître entre un homme et une femme, entre une mère et son enfant. Toujours, la sobriété domine. Une moue, un regard, une cigarette servent à tisser des toiles d’araignées d’actions et sentiments pas forcément imbriqués.

Il faut voir ce film.

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2 commentaires sur “Shadow Dancer, de James Marsh”

  1. maverick:

    Ben dis donc, 4 étoiles!

  2. Ripley:

    une fois n ‘est pas coutume.

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