



Entre le crash de Seul au Monde et celui de Flight, il s’est écoulé plus de 10 ans pendant lesquels Robert Zemeckis n’a fait que de l’animation sans intérêt (The Polar Express, Beowulf et Le drôle de Noël de Scrooge). Il en peut-être eu marre de faire plaisir aux enfants alors dès la première scène de Flight, il filme un full frontal et une star le nez dans la poudre. Dans les deux films, l’accident (filmé à chaque fois avec la maestria maison) change le personnage central que Zemeckis ne cherche jamais à héroiser, contrairement à la grande tradition hollywoodienne. La comparaison s’arrête là.
Dans Seul au Monde, Tom Hanks survivait sur une île déserte mais échouait à retrouver sa place de retour chez lui. Dans Flight, le pilote joué par Denzel Washington sauve 95 vies plus la sienne mais comme avant de monter dans son cockpit, il a beaucoup levé le coude, écarté souvent les narines et pas trop fermé les yeux, il la joue profil bas. Seul au monde était un chef d’oeuvre au final désarmant. Le dernier Zemeckis rejoint la longue liste des récits de rédemption dont on connaît l’issue.
Le film n’a coûté que 31 millions de dollars, soit approximativement le prix d’un deux pièces dans le XVème arrondissement. La Géorgie, état du sud des Etats-Unis où se déroule l’histoire, a fait cadeau des impôts aux producteurs pour accueillir le tournage. Washington, amateur de personnages ambigus, a flairé le rôle à Oscar et baissé son salaire. Un homme brillant et alcoolique, ça paie presque toujours. « Quelqu’un doit payer », lui dit son avocat. En gros, la compagnie aérienne et le constructeur de l’avion risquent de rivaliser de cynisme pour tout lui mettre sur le dos s’il continue à être tendu du goulot.
Le scénario s’étire sans raison sur 2h20. Le cadre est original mais le fond déjà vu. Le combat d’un homme contre lui-même. Où s’arrêtera l’autodestruction? Zemeckis, réalisateur spielbergien et donc formidable conteur, mène la danse avec brio avant de laisser la morale prendre le dessus. Il fallait peut-être quelqu’un de moins optimiste pour échapper à ce qui ressemble parfois à un alcoolisme de téléfilm.
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Brio tu pousses le bouchon…Jusqu’à l ‘accident c ‘est rondement mené. Ensuite tu as raison ça s’étire sans motif, du coup on est déçu. J ‘aurai mis 1 étoile de moins pour excès de bondieuserie.