



Quand Daniel Day-Lewis va décrocher son 3e Oscar fin février -sans googlisation préalable, je dirais un record chez les hommes -, il faut espérer que ça ne fera pas oublier le reste du casting. Le surcoté Joseph Gordon-Levitt mis à part, tout le monde joue divinement, comme si tourner un film sur le président préféré des Américains sous la direction du cinéaste le plus célèbre de la planète avait sublimé du premier au dernier rôle. On dirait une troupe de théâtre.
C’est la double ironie de Lincoln. Coco s’est fait trouer le crâne par un acteur pendant qu’il assistait à une représentation. Et alors que le sujet et le réalisateur invitaient à la fresque, le scénario privilégie à raison le huis-clos. On sort rarement de la Maison blanche et du Capitole, Day-Lewis enchaîne les monologues (quelle voix!) et le final au Congrès empile les répliques choc (très très bon Tommy Lee Jones en abolitionniste radical poussé à la retenue).
Plutôt que de raconter en long et en large la vie du président, Spielberg se concentre sur ses 4 derniers mois, on ne peut plus chargés entre abolition de l’esclavage, fin de la guerre de Sécession (dans cet ordre, c’était essentiel pour Lincoln) et mort. Lincoln était déjà une icône avant même ces combats.Et pas seulement parce qu’il chassait les vampires. C’est le sens de la première scène où assis sous une tente dans une posture proche de sa statue à Washington, il reçoit des soldats éblouis par l’éloquence de ses discours passés. Spielberg, qui porte le projet depuis longtemps, n’en finit plus d’insister sur cette humanité, avec sa famille, son gouvernement et surtout ses concitoyens. C’est l’indécrottable optimiste qui s’exprime. Malgré l’horreur de la guerre et de l’esclavage, Spielberg positive. Après tout, pour parler de la Shoah, il a choisi de s’intéresser aux vies sauvées.
Hormis la faute de goût des dernières scènes (Spielberg ne résiste pas à la tentation de mettre en images l’assassinat), le film passionne de bout en bout, dans un style plus scolaire mais pas moins brillant que l’énervé Django Unchained, abordant lui aussi la question de l’esclavage.
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J’ai un peu envie de mettre la 4ème étoile.
Je trouve que le film est passionnant de bout en bout.