le blogbuster - Chroniques cinéma de Ripley et Maverick
A la poursuite du diamant vert
par Ripley | le 30 janvier 2013 | 1 commentaire
Zero Dark Thirty, de Kathryn Bigelow

Kathryn Bigelow est LA réalisatrice oscarisée pour le merveilleux Démineurs. LA femme qu ‘on prend au sérieux à Hollywood et ailleurs. En ce qui me concerne, j ‘aurais toujours un a priori positif pour une femme qui se trouve sur la liste. Avec Valentina Terechkova ( première femme dans l’espace en 1963), Madeleine Brès ( première soutenance de thèse de médecine en 1875), et Amélia Earhart, qui traversa l’Atlantique en avion en juin 1928.

La liste, c ‘est autrement plus important que ce qu ‘on pourrait croire, car nous les femmes, ça nous oblige à nous sortir les doigts  quand on aurait tendance à désarmer devant un pot de cornichons récalcitrant, un conseiller d’orientation tout droit sortit pas cuit de son BTS, où une vieille tante qui pense que prof c ‘est un super métier pour faire des enfants.

Pourtant l ‘amie Kathryn n ‘est pas qu ‘une baroudeuse du cinéma. Loin s’en faut.

Si son cinéma est intéressant, achevé, pertinent c ‘est que Kathryn Bigelow fait des films qui parlent de névroses. Démineurs était un film sur l’addiction. Zéro Dark Thirthy est un film sur l ‘obsession. Dans Démineurs, la névrose était l ‘addiction d’un homme au danger imminent et à son pouvoir de déjouer la mort en l ‘approchant au plus près.

Zero Dark Thirty franchit un cap, car l ‘obsession d’une femme, la traque de Ben Laden, se confond avec l ‘intérêt d’une nation. Celle de faire justice pour les attentats du 11 septembre. Il en ressort un beau film long et ardu, comme les méandres de la botte de foin dans laquelle la traque à lieu. Tordu comme la prise d’un service spécial avec des administrations changeantes, des politiques qui changent de priorité.

Le résultat est tout à fait saisissant. On épouse moins la névrose de Jessica Chastain, qui sonne hélas beaucoup plus faux que Jérémy Renner. La course à l ‘Oscar rend sans doute un peu cinglé et l ‘actrice adepte de la méthode Keira Knightley (grimaces) peine un peu. Mais l ‘ensemble est tout à fait passionnant.

Dans la même veine:

1 commentaire sur “Zero Dark Thirty, de Kathryn Bigelow”

  1. maverick:

    C’est vrai qu’elle est relativement inexpressive la Jessica. Elle doit être fatiguée à force de travailler sur 80% des films produits ces deux dernières années.
    Je suis complètement d’accord. C’est un grand film. Les Américains ne le verront peut-être pas mais comme « la chute du faucon noir » (en mieux), c’est un film sur l’échec. 10 ans pour trouver un mec, 100 jours pour agir une fois qu’ils l’ont trouvé, un assaut « facile » raté et des attentats qui continuent.

Exprimez vous