le blogbuster - Chroniques cinéma de Ripley et Maverick
par Maverick | le 20 août 2012 | 2 commentaires
Merci Tony

Dimanche, comme depuis une bonne semaine, il fait très chaud à Los Angeles. Les Angelenos qui passent pourtant 365 jours de l’année sous le soleil font tourner la clim’. Dans son Angleterre natale, Tony Scott ne voyait pas souvent monter le mercure mais ça fait maintenant des années qu’il vit à l’abri des palmiers de Beverly Hills.

Il conduit une Toyota Prius, voiture hybride donc écologique donc à la mode dans le show-biz. La moyenne cylindrée japonaise se rapproche de San Pedro au sud du comté de Los Angeles. Elle s’arrête sur le pont Vincent Thomas, au-dessus des containers et des grues du port de Long Beach, le plus grand de la côte Ouest. L’immense ouvrage, vu dans Heat ou Charlie’s Angels, a des airs de Golden Gate sauf qu’un vert discutable aurait remplacé l’orange flamboyant du symbole de San Francisco. Peut-être que Tony Scott jette un oeil au Queen Mary, vieille Anglaise échouée si loin de ses falaises sur un quai de Californie.

Il est 12h30 environ. Etalées sur les plages sales et interminables du Pacifique, des familles piquent-niquent. Au large, les supertankers sont à la queue leu-leu. Sur le pont Vincent-Thomas, un homme en voit un autre enjamber la rambarde et se jeter à l’eau. La police retrouve le corps vers 15h. Le légiste identifie la victime un peu plus tard. Les enquêteurs, bien aidés par un mot sans ambiguïté, concluent à un suicide.

Dans sa chute, Tony Scott s’est peut-être rappelé qu’à la maison, le fils préféré, c’était son grand frère, le clinique Ridley. DuellistesAlien, Blade Runner, les critiques qui tapent des mains. De son côté, le chaleureux Tony ne cherchait pas le chef d’oeuvre. Au final, il va pourtant laisser une trace plus profonde. Lui, c’est MTV et la pub qui débarquent sur grand écran. Filtres de couleur, plans léchés, montage frénétique. Ce serait exagéré d’annoncer qu’il a remodelé (pour le pire et le meilleur) le cinéma commercial américain en explosant le rythme tranquille des années 70 mais ce ne serait pas complètement débile non plus. Partenaire des producteurs Jerry Bruckheimer et Don Simpson, il a crée le blockbuster fun de nos étés adolescents, celui qu’on se raconte à la récré, cf Le flic de Beverly Hills 2, Top Gun, Jours de tonnerre, Le dernier samaritain, USS Alabama.

En vieillissant, il s’est lâché, s’autorisant des audaces formelles et narratives qui auront fini par convaincre les plus réticents. C’est son travail sur l’image qui a fait de Spy Game, Ennemi d’Etat, Domino ou Man on Fire un peu plus que du pur produit hollywoodien. A 68 ans, il avait plus d’énergie dans sa mise en scène que le plus cocaïné des réalisateurs français. C’était un monsieur du cinéma et leblogbuster lui dit merci.

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2 commentaires sur “Merci Tony”

  1. Ripley:

    Je viens de me rendre compte que nos pseudos venaient d’œuvres de Ridley et Tony Scott…

  2. maverick:

    En effet!

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