



Christopher Nolan nous a habitué au génie avec The Dark Knight. En ce qui me concerne, c ‘est le film de la décennie. Tout ce qui vient derrière est forcement ténu. Les attentes générées par le deuxième volet ne sauraient écarter les attentes générées par Batman en lui même, passionnant comics, dont la mythologie est infiniment riche.
Face à la conjonction de ces envies, profondes comme la fosse des Mariannes, Nolan ne sait que choisir, et essaie de tout donner. Un film long, 2h 44. Un scénario à tiroir, du grand film d’action (scène d’ouverture de pure perfection), et le dénouement de la saga la plus schizophrène de l ‘histoire du cinéma.
Nous voici au point de rupture. Le corps et le mental de Batman-Wayne (merveilleux Christian Bale) sont arrivés au bout. Gotham City replonge dans ses démons. Il y a bien longtemps, Nolan avait esquissé cette société autodestructrice. Il choisit ici de donner un caractère christique à son héros, avec traversée du désert, chemin de croix, et assomption. Cela aurait pu être gênant si ce n ‘était pas le seul moyen de dénouer l ‘intrigue. Mais ça fonctionne.
Il y a des fautes dans cet opus, Marion Cotillard, qui déséquilibre sauvagement la portée des 20 dernières minutes, quelques tirades incongrues, comme s’il fallait en dire trop pour que le choses soient claires, dans un monde qui se caractérise justement par son opacité. La violence à remplacé la poésie sombre du Joker disparu avec Heath Ledger. Peut-être sommes nous aussi empêtrés que Nolan dans la difficultés d’en terminer. Moi j ‘ y suis déjà retourné une fois, et ne peut en ressortit qu ‘avec l ‘envie de voir la suite. Schizophrénie, encore…
Mais c ‘est globalement passionnant et splendide, et si tout n ‘est pas parfait, Nolan prouve la supériorité de sa vision. Son personnage de Bane est remarquable de prestance, sa maitrise esthétique est absolue, sa maturation des motifs des comics que sont le vaisseau, le jeune initié, la scène de guerre urbaine sont incomparables. Son film saisit la crainte globale de notre société. La crainte du capitalisme, du terrorisme, de la violence ne sont que des mêmes expressions d’un incapacité diffuse à se projeter à terme, faute de choix moraux fort et d’idéaux. A cet égard, Nolan délivre à nouveau son message, aussi conservateur que saisissant. A quoi sert il de manier le genre mythologique par excellence avec talent, si on a aucun message à délivrer ? The Dark Knight Rises est un grand film.
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Ben dis donc, c’est parfait comme analyse.