



A l ‘heure ou j ‘écris cette chronique, je ne sais pas si on peut encore voir Miss Bala. Ce qui n ‘est pas très grave, car c ‘est un film qu ‘on a déjà tous vu 28 fois.
Dans un déterminisme bien Sud américain, loin néanmoins de l ‘intensité du Carancho, de l ‘argentin Trapero, voici une énième histoire de drogue qui pourrit tout. Ici une jeune fille, Miss Bala. Aspirante reine de beauté devenue mule et tapin, morceau de chair dans un trafic qui la dépasse.
Pas mal fichu mais pas follement original, coincé entre souci de réalisme et envie de film à spectacle hollywoodisant, le film est un peu ennuyeux. On réussit à avoir peur pour cette fille, mais on s’attend à tout, comme si le cinéma nous avait tout dit de la misère insoluble et du cycle de la violence et de la corruption, sans fin. A part Florence Cassez, tout le monde sait que ça finit mal. Pas de surprise donc, mais une certaine sincérité dans l ‘envie de dénoncer. Vaine.
Et puis c ‘est l ‘occasion pour moi de rappeler à mes lecteurs et à mes lectrices que j ‘ai eu le plaisir de rencontrer Diego Luna, au festival de Deauville ( Luna produit le film ). Miss Bala s’inscrit dans un genre littéraire qui existe dans toutes les cultures, celui de la femme en souffrance, épuisant.
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