



L’omniprésence de la bêtise dans la rue, à la télévision et partout ailleurs oblige à dire du bien de Margin Call. Les personnages, des banquiers, y sont tous brillants et les répliques fusent. C’est une réalité. Les traders gèrent au quotidien des opérations extraordinairement complexes. Ils ne sont pas les beaufs abrutis que Jean-Luc Mélenchon essaie de caricaturer. C’est d’ailleurs pour cela qu’ils n’ont pas d’excuse.
L’intelligence ne rime pas nécessairement avec humanité. Ca se saurait. L’avidité d’un système couplé à ses faillites structurelles favorisent les conditions d’une crise mondiale. C’est ce que Margin Call raconte. Les personnages mettent alors leur esprit au service de leur seule et unique survie. On ne comprend jamais trop ce qui se passe si ce n’est qu’une banque ne peut plus éviter la faillite après des prises de risques inconsidérées. Un employé de base s’en rend compte. Il se confie à son collègue qui en parle à son supérieur qui le mentionne à son supérieur qui prévient son supérieur qui dit tout au patron. Tout le monde se couvre. Quand l’intelligence échoue, le cynisme prend le relais. Wall Street, ton univers impitoyable.
L’intérêt du film réside donc dans son thème ultracontemporain, dans son écriture exigeante et dans son casting, mélange de grands acteurs (Jeremy Irons, Kevin Spacey), de valeurs sûres (Demi Moore, Stanley Tucci, Paul Bettany) et de comédiens venus de la télé (Zachary Quinto, Simon Baker). Les clichés du trader flambeur sont là mais ils illustrent surtout le cercle vicieux de l’argent dans lequel les personnages s’enferment (il faut financer la voiture, les putes, les hôtels, les costumes, la maison). Tout sent le vrai. D’ailleurs, à peu de choses près, c’est arrivé.
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