le blogbuster - Chroniques cinéma de Ripley et Maverick
Ce chanteur là
par Maverick | le 24 avril 2012 | 1 commentaire
Cloclo, de Florent Emilio-Siri

Le fait que deux réalisateurs de la nouvelle génération comme Olivier Dahan et Florent Emilio-Siri aient décidé de raconter les vies d’icônes populaires et vieillottes de la musique n’est pas si étonnant. Les deux hommes connaissent par coeur le cinéma américain -Emilio-Siri a tourné Otages avec Bruce Willis- et le biopic est un genre hollywoodien par excellence. Leur fraîcheur formelle n’empêche d’ailleurs pas le classicisme d’un scénario linéaire.

Cloclo démarre donc en Egypte où a grandi Claude François. Papa est autoritaire et maniaque. Le fiston rêve de music-hall et courra toute sa vie après la reconnaissance du père petit-bourgeois, allergique aux saltimbanques. Emilio-Siri prend son temps (2h30!) pour raconter l’ascension de Claude François, de la tête blonde sympathique limite efféminée à la superstar colérique. L’autre idole des jeunes aura le bon goût d’éviter les écueils du succès (drogue, alcool et compagnie) pour les remplacer par une autre névrose: le narcissisme et ses effets (jalousie, égocentrisme, paranoïa…).

Pour qui ne connaît du bonhomme que son perfectionnisme maladif et s’agace d’entendre Alexandrie, Alexandra à tous les mariages, Cloclo est un cours magistral sur un chanteur plus complexe que ses mélodies. Emilio-Siri retient la fascination de son personnage pour l’Amérique. En 20 ans de carrière, Claude François a eu beau enchaîner les tubes, sa plus grande fierté a été d’être repris par Franck Sinatra, Comme d’habitude écrit au bord d’une piscine après un chagrin d’amour. Il est presque pathétique de voir l’une des plus grandes vedettes françaises n’aspirant qu’à être reconnue sur le sol américain, là où elle a puisé son inspiration des multiples reprises aux pas d’Otis Redding sur scène en passant par le choix de Claudettes noires.

Le narcissisme de Claude François explique tout, même sa mort. Changer une ampoule les pieds dans l’eau, faut pas déconner. Son envie de tout contrôler, sa carrière (il crée son label, son magazine, son parfum) mais aussi sa famille (il a caché un de ses enfants) et ses fans (qu’ils laissaient dormir sur son palier!!!!).

Jérémie Rénier donne un peu de chaleur humaine à cet affamé de succès, spécialiste du chaud et du froid -une colère/un cadeau-avec son entourage. Emilio-Siri apporte quant à lui sa maîtrise formelle (plan magnifique d’entrée dans l’Olympia) et utilise à merveille environ tous les hits de Cloclo: 17 ans sur les images de son adolescence désargentée, Cette année-là sur les images d’archives de ses premiers succès, Le lundi au soleil pendant une fête au Moulin… Celui qui ne remue pas les épaules au moins une fois pendant la projection n’a qu’à retourner écouter Léo Ferré.

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1 commentaire sur “Cloclo, de Florent Emilio-Siri”

  1. JOSIANE:

    C EST UN FILM SUPER. J AI TOUJOURS ETE FAN DE CLOCLO.
    BRAVO BRAVO POUR LE COMMENTAIRE
    BISOUS
    JOSIANE

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