le blogbuster - Chroniques cinéma de Ripley et Maverick
J'ai rien vu, rien entendu, j'étais même pas là et même si j'étais là, je dormais.
par Maverick | le 19 avril 2012 | Pas de commentaire, une réaction ?
38 témoins, de Lucas Belvaux

38 témoins a des défauts, des dialogues trop écrits étant le plus gros d’entre eux. Ça n’empêche pas Lucas Belvaux, spécialiste du film de genre socio-politique, d’avoir tourné une grande oeuvre sur la lâcheté collective. Une femme crie dans la nuit. Le voisinage se bouche les oreilles, se tait et espère que le monde fermera les yeux.

Le film s’intéresse à ceux que la couverture des faits divers ne donne rarement à voir, les témoins comme le titre l’indique. Belvaux ne dit pas grand chose de la victime ou de l’enquête. Il regarde comment la culpabilité détruit un quartier et un couple. Yvan Attal ne dort plus (il en fait même un peu trop) et sa femme qui n’était pas là finit par perdre son sourire, sa naïveté et sa confiance. Il a besoin d’être jugé par elle, par l’opinion, par la justice pour ne plus avoir à le faire lui-même. Il ferme les rideaux à chaque fois qu’il rentre chez lui. Il dit tout à la police et les voisins retrouvent un peu de courage pour casser ses fenêtres et le traiter de balance vu que cette fois, ils sont directement concernés. S’en prendre à lui évite de s’en prendre à eux-mêmes. Jusqu’à la terrifiante reconstitution du meurtre.

Riche sur le fond, 38 témoins l’est aussi sur la forme. Lucas Belvaux met magnifiquement en scène Le Havre (ville à la mode ces derniers mois), son port et ses rues vides. Et quand on connaît Le Havre, c’est fort.

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