le blogbuster - Chroniques cinéma de Ripley et Maverick
We want you!
par Maverick | le 26 mars 2012 | Pas de commentaire, une réaction ?
Act of valor, de Mike McCoy et Scott Waugh

Act of valor constitue une forme inédite de propagande. Il n’est pas dit que le film franchisse les frontières françaises tellement il ferait marrer les antimilitaristes que nous sommes. Les personnages sont de vrais Navy Seals, une troupe d’élite capable d’intervenir partout dans le monde. Deux détails confirment qu’il ne s’agit pas d’acteurs professionnels: ils jouent mal (quoique ça n’a pas empêché Marion Cotillard de gagner un Oscar) et ils perdent leurs cheveux.

On devait en arriver là. A l’ère de la télé-réalité et du fantasme de l’authenticité, les producteurs ont fini par aller chercher des vrais gens, n’oubliant pas que ça pouvait aussi servir d’argument marketing. Et puis les pubs américaines pour les Marines et la Navy ressemblent tellement à du cinéma que le rapprochement était inévitable.

La propagande n’a rien de nouveau. Goebbels a fait la pub des Nazis à son époque. Hollywood a filé un coup de main en 39-45. Mais les mecs n’avaient encore jamais poussé jusque là. Parce qu’autant les soldats sont des vrais (super scène où un type est liquidé par un sniper avant d’être rattrapé par des plongeurs pour qu’il ne fasse pas de bruit en tomber dans l’eau), autant le scénario se permet tout et n’importe quoi. Les producteurs ont réussi à foutre tous les nemesis du moment dans la même histoire. Il y a donc un terroriste islamiste qui fait péter une bombe en Indonésie avec l’aide de la mafia russe qui le met en contact avec les cartels de la drogue mexicains. Heureusement, les Navy Seals sauvent la Terre au Costa Rica, en Somalie et en plein milieu du Pacifique. Bref, on n’y croit pas. C’est le comble.

Evidemment, ils ont une famille qu’ils aiment et ils sont tous copains. L’un d’entre eux écrit une lettre au fils d’un de ses camarades mort au combat avec la voix-off la plus insupportable depuis Alphaville. Dans la salle, les vétérans et les femmes cocues de militaires versent une larmichette. Top Gun, c’était le même principe il y 25 ans mais c’était quand vachement mieux foutu. Le cinéma, ce n’est pas le vrai.

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