le blogbuster - Chroniques cinéma de Ripley et Maverick
Superpouvoirs sans superhéros
par Maverick | le 22 février 2012 | Pas de commentaire, une réaction ?
Chronicle, de Josh Trank

Chronicle est une très jolie surprise, style Cloverfield. Avec ses acteurs inconnus, Josh Trank, un réalisateur de 26 ans, fait dans le recyclage intelligent. C’est bien, ça sauve la planète. Dès la deuxième scène, un des ados cite la théorie sur la volonté de Schopenhauer dans la bruine de Seattle (en fait, Le Cap, ça coûtait moins cher), loin des habituelles banlieues ensoleillées de Californie et le spectateur comprend qu’il ne va pas perdre les prochaines 80 minutes de sa vie.

Le héros loser, un Leonardo Di Caprio aux cheveux gras (il est mal dans sa peau), devient pote avec les mecs cools du lycée. Schéma classique de teen-movie mais Josh Trank vaut mieux que ça. Pas de cheerleader ou de quarterback à l’horizon. Son héros met mal à l’aise plus qu’il ne fait de la peine. Il se prend des branlées au lycée et à la maison mais le papa, une brute alcoolique, est aussi un accidenté du travail désespéré par la grave maladie de sa femme.

Avec son cousin et la star du lycée, le Di Caprio du pauvre trouve une source de lumière mystérieuse et les 3 se retrouvent avec des pouvoirs hors du commun (contrôler les objets par la pensée, voler). Là encore, Tank en fait pas des Spider-man mais des ados bourrins amateurs de blagues vachardes qui tournent parfois mal. Il conduit parfaitement la narration, emmenant progressivement ses personnages vers l’inévitable.

Dernier point formel mais essentiel, la réalisation en mode Projet Blair Witch (le loser s’est acheté une caméra). Depuis 10 ans, c’est devenu un tic un peu surfait du cinéma mondial mais ça n’empêche pas les réussites (le génial Projet X, sortie le 14 mars prochain, par exemple). Ici, le recours à cette caméra se justifie presqu’à chaque seconde (les gamins filment leurs exploits). Et quand le déroulement de l’histoire oblige Trank à trouver d’autres ressources pour la raconter, il aligne les petites bonnes idées de mise en scène (les téléphones portables « aériens », c’est fabuleux). Un regret tout de même, la toute dernière scène largement dispensable.

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