



Un jour, j’ai poursuivi Ricardo Darin, l’un des plus grands acteurs au monde, dans un grand hôtel madrilène. Il se trouvait en ville pour l’adaptation d’une œuvre de Reza. Je lui suis donc au moins reconnaissante de cet espoir non couronné de succès de rencontrer mon idole. Pour son œuvre, elle me convint moins mais ne m’ennuie jamais.
Pourtant, la collaboration avec Polanski n’est guère une réussite. D’abord parce que Polanski est trop vieux pour l’exercice de style. C’est méchant, mais c’est vrai. Qu’un jeune réalisateur (Rodrigo Cortes) enferme un type dans un cercueil en Irak pendant une heure trente dans Burried, ça repousse les limites du genre en les contraignant dans 3 mètres cubes.
Ici, il sont quatre dans un joli appartement new-yorkais, pas de quoi se relever la nuit. Oui Polanski cherche des parades, filme dans des miroirs, on ne veut pas emmerder le spectateur, mais il ne réussit pas très bien. Les changements de plans brutaux dénotent plus de cette volonté de distraction que d’un propos, et cela sonne artificiel.
Et puis le film est sur des rails, car les 4 acteurs choisis sont des putains de pointure. On sent la situation dégénérer, les deux couples devenir plus agressifs et plus complices, les rapprochements individuels, la solidarité de sexe qui se met à exister. Polanski et Reza ratent leur Huis Clos, non pas par manque de bonne volonté, mais justement parce que « L’enfer c’est les autres » sonnait mieux que « Les gosses c’est la tannée et après on risque le cancer de la prostate ».
Il faut donc sortir du film en lui-même si l’on veut y voir un intérêt. Polanki et Reza questionnent « les normes de la justice occidentale ». Et l’interrogation globale du film se met à sentir le règlement de compte entre Polanski et ses détracteurs. Moi ça me met un peu mal à l’aise cette irrévérence, pour une victime auto proclamée du puritanisme et de la bien- pensance, Polanski s’en tire pas mal, de mondanité en tournage avec des gens oscarisés.
Tout ça pour dire Carnage est un tout petit Polanski, très oubliable.
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Moi, j’ai trouvé le film drôle et très juste sur l’absurdité du politiquement correct américain. Etonnament, Jodie Foster est la plus faible du groupe mais c’est vrai qu’elle a le rôle le plus ingrat.
Sincèrement, j’ai beaucoup apprécié le film de Polanski «Carnage». Je ne vois pas ce que l’âge de Polanski vient faire là: on peut être jeune et faire des navets et être âgé et créer encore des chefs d’œuvre. C’est un film très pertinent sur les «bobos» américains très attachés à la façade…