le blogbuster - Chroniques cinéma de Ripley et Maverick
Bridezella(Bride+Gozilla):néologisme américain.
par Ripley | le 19 août 2011 | Pas de commentaire, une réaction ?
Mes meilleures amies, de Paul Feig

Annoncé comme un Very bad Trip féminin, Mes meilleures amies envoie du lourd, comme dirait Maverick.

Comédie frondeuse, fille de l’école Judd Apatow qui co-produit, Mes meilleures amies tape haut en burlesque, interprétation, casting et écriture. Le rythme suit, la surenchère est au rendez-vous, c’est donc une franche réussite où on se bidonne sévère. J’ai déjà dit souvent que le combat féministe passait par l’accès à la vulgarité, c’est chose faite. Paul Feig et Kristen Wiig, co scénariste, concurrencent bien un Borat.

Pourtant, par sa qualité, Mes Meilleures Amies me laisse un goût amer, mais là il n’est plus question de cinéma, mais plutôt de la véracité du propos acéré qui sert de socle à l ‘écriture. Very Bad Trip capitalisait sur la peur de l’engagement typiquement masculine, et en faisait un ressort infini via l’exorcisation de cette peur. Nous revoici juste avant le mariage, moment de tous les questionnements. Hors si mes meilleures amies fonctionne, c’est par ce qu’il s’appuie sur des présupposés fondés. A savoir : l’hypocrisie de la relation femme-femme, sa fragilité et sa fausseté, et laissez moi vous dire que tout ceci n’est pas joli à voir. Je m’explique :

Les femmes entre elles d’abord. On en prend pour notre grade. Le poste de meilleur amie se brade  en quatorze minutes et échoit à une pétasse blindée de thune et mielleuse (géniale Rose Byrne) /l’égo centrisme de la Bridezella lui permet de laisser crever une amie qui souffre le cœur léger, et de ne revenir que lorsqu ‘elle a elle-même des ennuis / le sentiment de supériorité de la fille en couple sur autrui… c ‘est un festival de non loyauté, même si, comme dirait Woody Allen, « c ‘est parfois avec des clichés qu’on traduit le mieux une idée« .

La femme avec elle-même. Le personnage de Kristen Wiig, hilarante malgré elle, est une victime autoproclamée. Elle se complait dans la plainte jusqu’a ce que l’obèse de service la réveille en la cognant. Ça en dit long sur l’auto flagellation chronique de l’espèce féminine et sa capacité à avaler des couleuvres. Un constat amer mais nécessaire.

Deuxième effet kiskool d’un film très drôle.

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