le blogbuster - Chroniques cinéma de Ripley et Maverick
Girls just wanna have fun
par Ripley | le 2 août 2011 | 1 commentaire
Bad Teacher, de Jake Kasdan

Quand Alain Bernard se jette dans la piscine, on oublie sa tête bizarre, ses pub EDF pourries, et on fait front avec lui comme un seul homme jusqu’à ‘ à la ligne d’arrivée. Bad Teacher provoque le même type de sentiments. Cameron Diaz est vénale et superficielle, elle ne rêve que de se faire entretenir, et affiche une grave incompétence. 45 minutes plus tard,  37 spectateurs sont à 100 % derrière elle. C ‘est la magie du cinéma.

Mais comme la magie, c ‘est aussi de la science, essayons de comprendre pourquoi. De la part de scénaristes lambdas hollywoodiens, on s’attend bien sûr à ce regain d’affinité vers l’héroïne. Mais sans Cameron Diaz, le film serait sûrement peu regardable.

Il s’embourbe  vite dans un marrais  à base de gentillesse prévisible qui pourrait guider le spectateur vers un enchainement de scènes très attendues et profondément emmerdantes. Mais voilà, Cameron Diaz pulvérise l’écran par son allant et son énergie, et ça va mieux.  Si son personnage est moralement contestable, il est aussi un de rares personnages récents de femme à assumer égoïsme, vénalité et envie sexuelle.

En ces temps de régression du féminisme,  il me revient la phrase de François Giroud  » Je croirai entre l’égalité des hommes et des femmes le jour où il y aura une femme incompétente à un poste important ». Bad teacher revendique le droit à la vulgarité, ce qui n ‘est déjà pas si mal ( « I wanna seat on his face » ). Ça pourrait paraître de l’esbroufe marketing, de la « fuck attitude« , destinée à remplir les salles de cinéma d’adolescents, mais c’est important. A l ‘heure ou les stars de sexe féminin rivalisent de bio attitude et de maternité heureuse, Cameron Diaz assume à mort un  film vendu  sur vie (avec son ex Justin Timberlake), et envoie du lourd, du pire que ce qu’on imagine et ça fonctionne.

Sa domination totale du film, qu’elle sauve de la mollesse à chaque instant, prouve que c ‘est elle la boss.

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1 commentaire sur “Bad Teacher, de Jake Kasdan”

  1. Maverick:

    J’ai trouvé le film inutilement vulgaire mais je me demande si je me serais fait ce genre de remarque avec un premier rôle masculin.

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