



Stéphane Kazandjian manque un peu de tout pour donner à son scénario la force qu’il méritait. Le soir, Kazandjian se rêve Michael Moore (même version rock de « What a wonderful world » dans la B.O) et se réveille, le matin, réalisateur de la médiocre comédie Modern Love. Les plans de téléfilms et le rythme mou de Moi, Michel G., milliardaire, maître du monde ne vont pas arranger sa réputation.
François-Xavier Demaison s’en sort pas trop mal mais son partenaire principal, Laurent Lafitte, décrit avec à propos comme un Michel Leeb 2.0 par Libération, coule son personnage. Du coup, le salaud de patron du CAC 40 est plus sympathique que le journaliste donneur de leçons qui tourne un documentaire sur lui.
Heureusement, il y a ce scénario malin qui permet d’éclairer le monde si obscur de la finance (comment se construit une fortune, comment s’opère une fusion, comment l’économique domine médias et politiques). Autant, le personnage de Demaison, et son hypocrisie indécente à la Jean-Marie Messier, paraît trop caricatural dans sa vie privée, autant le reste sent le vrai (« le don de ma fortune n’anéantira pas la pauvreté », « ne soyez pas démagos, c’est plus compliqué que ça », « mieux vaut apprendre à quelqu’un à pêcher plutôt que lui donner du poisson »…). Il y a suffisamment de férocité et de cynisme là-dedans (« si Dieu avait voulu l’égalité entre les hommes, vous croyez qu’il aurait inventé les nains? ») pour faire sourire souvent.
Dans la même veine:
- Johnny English, le retour, de Oliver Parker
- L’exercice de l’Etat, de Pierre Schoeller
- Raison et Sentiments, de Ang Lee à voir ce soir sur Arte.
- Coco, de Gad Elmaleh
- Mammuth, de B. Delépine et G. Kervern.
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Tags: 2 étoiles, argent, CAC 40, documentaire, donneur de leçons, gauchiste, journaliste, patron, PDG, vidéo
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