le blogbuster - Chroniques cinéma de Ripley et Maverick
Tartine de sang (copyright Marylin Manson)
par Ripley | le 31 mars 2011 | 2 commentaires
Pain Noir, de Agusti Villaronga

Pa Negre, en VO, est un film événement. A savoir un film dont on finit par parler, sans jugement de valeur sur ce phénomène, pour plein d’autres raisons que ce qu’il est. Éternel débat sur l’objet cinématographique qui ne sera surement pas enrichit ici, Pain Noir est donc le film catalan, tourné en catalan, qui se passe dans la campagne catalane après la guerre civile qui a gagné 9 Goyas (Césars espagnols) dont celui du meilleur film.

Sinon, ce n ‘est pas un bon film.  C ‘est un film qui présente l’intérêt d’enrichir le corpus cinématographique sur l’après guerre civile , jusqu’ici souvent dans le non-dit au cinéma. Mais qui déçoit assez vite. L’idée de Villaronga est qu’il n ‘y a pas de gentils. Un fils de rouge voit tout s’écrouler autour de lui à mesure que les histoires de famille-guerre-business-vengeance-règlement de compte- finissent par toucher absolument tout le monde dans le village.

Faisant passer Zola pour l’auteur du Club des cinq, Villaronga impose une surenchère de malheurs et d’atrocités, souvent suggérées, puis en flash back. J’y vois sa manière d’expurger en 90 minutes les poids des atrocités de l’inconscient collectif mais il arrive un moment où ça ne marche plus.

Une jolie métaphore sur les oiseaux montre la partie intéressante du film, la transformation de l’enfant en monstre au contact du monde des adultes, comme tout être humain selon la thèse (que je ne réfute pas) du film. C ‘est ce qui m’agace, la cohabitation de très intéressantes idées et de grosse faiblesses formelles, des dialogues un peu faibles qui font qu’on a du mal à tenir la route, et puis ce goût pour le sanguinolent qui n’apporte pas grand chose. Déconseillé pour une soirée romantique.

Dans la même veine:

2 commentaires sur “Pain Noir, de Agusti Villaronga”

  1. Nelly MOALIGOU:

    J’ai réussi, au contraire, à m’identifier au jeune garçon. Parce qu’au bout de souffrances communautaires qui apportent le chaos, j’ai trouvé compréhensible de penser à soi, son avenir. D’autant que le portrait des « adoptants » comporte les douceurs (quand bien même intéressées !) dont on doit cruellement manquer en temps de disette ! Et puis, sa tête me plaît à ce petit, j’adore son expression observatrice du début du film à la fin. Il n’en perd pas une… « Mourir pour des idées », l’idée est excellente. Mais, à l’heure où le bipartisme fait loi en réfutant toute possibilité de nuances, on peut aussi, tant qu’on n’a pas le couteau sous la gorge s’entend, avoir un faible pour le déserteur car il incarne le libre arbitre. Le choix de la liberté individuelle ne va jamais sans tiraillements (il pleure), mais les masses précieuses dans l’entraide, étant changeantes au gré des événements, suivre son instinct quand l’heure est grave est plus sûr. Et je trouve que le cinéaste Agusti Villaronga démontre bien cet aspect de notre existence : faire des choix quand, de toute façon, ce ne sera pas la perfection mais un mouvement du coeur irrépressible.

  2. Greg Hermann:

    Merci pour cette chronique … et pour le ton ! Blog découvert par hasard, je pense avoir trouvé pas mal de prochaines lectures.

Exprimez vous