



L’inculture se paie. Je n’avais pas lu le livre de David Grossman dont la grammaire intérieure est l’adaptation. Comme je suis snob et blasée, je me suis dit, voici le 87 ème film de l’année sur la famille dis fonctionnelle. La mère castratrice, le père bourru rescapé de la Shoah. Le fil préado en souffrance et la sœur qui transforme sa douleur en excédent pondéral.
En fait la grammaire intérieure est un de ces films rares et précieux qui vous prend aux tripes et sur lequel il est bien difficile d’écrire quelque chose de technique, tant la maîtrise esthétique, de mise en scène, de direction d’acteur s’efface avec humilité sous un rendu extraordinaire d’accessibilité et de justesse. C ‘est donc une perle d’une grande dureté, qui explore avec patience et talent tout le poids des consciences dans le marasme familial et social. D’une poésie noire mais réelle, il nous emmène dans les tréfonds de l’âme de l’enfance qui souffre et qui subit la bêtise des adultes, le non dit et le suggéré. C’est une gageure pour le festival de sélectionner un film aussi dur, j’espère qu’il gagnera et qu’il sera distribué. Cela faisait longtemps que je n’avais pas vu un film aussi beau.
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