



Peut-être est-ce à cause de la crise? Ou parce que le film-catastrophe est passé de mode? Il y a 15 ans, Independance Day était un film choral avec passage obligé dans le Bureau ovale. Aujourd’hui, l’invasion extra-terrestre se raconte à travers une famille (La guerre des mondes), une bande de potes (Cloverfield, Skyline) ou ici une unité de marines.
Jonathan Liebesman suit ses troufions dans les rues de Santa Monica comme il les suivrait à Bagdad. Le Los Angeles de son film ressemble à l’Irak de la vraie vie. Sa mise en scène en mode guérilla n’empêche pas quelques plans sublimes lors des scènes à l’aéroport et colle le spectateur au cœur de l’action en mélangeant spectaculaire et réalisme oppressant. D’ailleurs, la représentation raciale de l’armée US sent le vrai.
Le scénario s’autorise même quelques digressions pertinentes sur le commandement et la difficulté à prendre une décision. La déception est donc immense quand la dernière demi-heure sombre dans la niaiserie, la démagogie et la pub pour les marines façon Top Gun. Engagé en Irak et en Afghanistan, le Pentagone en a bien besoin.
Les clichés s’enchaînent, les civils font des leurs (interdisons les gamins dans les scripts hollywoodiens), le sergent (le jusqu’ici impeccable Aaron Eckhart) lâche son speech attendu sur les valeurs du drapeau, la fin pompe sans vergogne sur toutes les autres histoires d’extra-terrestres. Emporté par les applaudissements de la salle américaine où j’ai vu le film, j’étais prêt à m’asseoir sur mon antimilitarisme français mais trop, c’est trop. Dommage pour la 4e étoile.
Dans la même veine:
- Toy Boy, de David McKenzie
- Forces spéciales, de Stéphane Rybojad
- Les Chats Persans, de Bahman Ghobadi
- Destination finale 5, de Steven Quale
- L’amour du risque
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Tags: 3 étoiles, aliens, armée, colonisation, commandement, Critique de cinéma, guerilla, guerre, invasion, irak, los angeles, marines, niais, publicité;, santa monica
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Je ne peux pas te suivre là-dessus.
Tu ne peux pas mettre sur le même plan le patriotisme nécéssaire et réèl des marines et les larmoyades personnelles des uns et des autres dans le scénario.
Dès qu’on parle du devoir ça fonctionne. Rarement on a mis le doigt aussi cruement sur « les faiblesses » du système, comme la chaine de commandement pas efficace par exemple…Le morale est que les hommes sauvent les valeurs, et moi ça me pousse vers la quatrième étoile. (Même si je la retire pour gros pompage scénaristique et esthétique sur Disctrict 9 et Indépendance Day).
Par contre les problèmes persos, les larmes, les reglements de comptes, les enfants, ça ca casse le rythme d’un film plein de qualités.
En plus, pour un film que tu qualifies à demi mot de propagande, je trouve qu’on aborde des questions sensibles, comme le fait de servir pour obtenir la nationalité. Mais ça, nous français anti militaristes, railleurs, reconnaissant de rien et surtout pas à nous même, on connaît pas bien. Les marines servent leur pays. Comme le dit AAron Eckhart qui est décidement un membre non négligeable de mon top 10 perso, ils sont payés pour ça, et ils y croient.
Dans la salle française les gens rigolent bêtement à tous les moment d’héroisme, et de patriotisme, mais pas quand les enfants chialent. Faut il en déduire que nous aimons les loosers larmoyants ? J ‘ai mon idée sur la question.
Par ailleurs, pour une fois, je remarque que le personnage féminin n ‘est pas en reste quand il s’agit de canarder, une réprésentation qui n ‘est pas pour me déplaire.
Une fois de plus, le cinéma américain reflète la réalité américaine qui est que même une institution conservatrice par nature, comme tous les corps d’armée, progresse…Dieu bénisse l’Amérique.
Sinon il y a quelques grosses faiblesses scénaristiques, mais la mise en scène et les images valent très largement le déplacement (pour ne pas dire le prix d’une arme vendue par la terre des droits de l’homme à un dictateur Lybien).