



TRON fut une révolution. Mieux que La guerre des étoiles, à l’intrigue classique de tragédie grecque, TRON, fut une révolution technique, visuelle et graphique qui faisait encore des émules quand les Strokes enregistraient le clip de 12 :51 en 2003. La limite des effets spéciaux novateurs (rappelons qu’en 1981, la souris venait à peine d’être inventée) donnât lieu à un dépouillement qui conférait au film une noirceur inquiétante.
Exemple unique de suite qui reprend le casting initial après 28 ans (sauf si Sigourney Weather accepte de retourner un Alien dans les mois à venir, mais rien n’est moins sûr), TRON Legacy, qui est un bon film, ne saurait être une révolution.
Si l’on juge de ses qualités à l’aune du choc produit par le premier opus, le film est donc très largement en dessous. A défaut d’être une révolution, TRON Legacy nous renvoie à notre propre habitude des effets spéciaux. Techniquement sublime, la partie qui se passe dans le programme est bien trop chargée, et donc bien trop Disney, malgré quelques très beaux moments.
La scène de la discothèque, sorte de mix entre Total Recall et Matrix, dessert la musique de Daft Punk au lieu de la mettre en avant (des programmes informatiques qui se murgent, c’est quand même curieux). Dommage que ça manque de finesse. L’opulence des décors et des vaisseaux (tout fan de SF se pâmera comme moi de plaisir) recouvre une limite relative de l’action, trop courte, dans un film à mon sens trop bavard. Le cinéphile est un enfant ingrat, qui ne supporte pas de voir Jeff Bridges ailleurs que sur une moto. Le calme auquel le contraint la lutte contre son double, le programme CLU, qui n’a pas vieilli, est agaçant, et nos instincts appellent l’action à se substituer à l’originalité graphique, belle mais éventée, 23 ans plus tard.
Enfin l’absence de nouveauté à ceci d’étonnant qui ce qui vient de TRON, éventé dans les Stars Wars récents et dans Matrix, et revenu ici à son origine (le faisceau laser, la passerelle amovible), ne nous donne plus le sentiment d’étrangeté d’antan. Le monde de l’informatique est un univers onirique captivant. Aujourd’hui le jeu vidéo est la première industrie du loisir. Si le thème de la rébellion des machines a largement été abordé depuis 2001, l’Odysée de l’espace (1968), il reste la base d’une réflexion plus où moins réussie mais foisonnante sur l’Intelligence artificielle (I Robot, AI, mais aussi Matrix ou Existenz). Qu’ y a-t-il de commun entre toutes ces tentatives ? Le questionnement sur ce qui définit l’humanité et le vivant. Fabriqué à l’image de l’homme, le robot ou le programme hérite de ses tares et de ses beautés. A cet égard TRON Legacy affiche une réelle continuité et une beauté scénaristique qu’il serait criminel de dévoiler à nos lecteurs. A voir quand même donc. Parce que la science-fiction est avant tout l’exercice de parabole de la pensée le plus poétique et la plus efficace qui soit selon moi.
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J’ai pas tout tout compris mais c’est pas grave. Le seul truc que j’ai plus aimé que la sublime direction artistique, c’est la musique de Daft Punk. Ça donne au film une puissance supplémentaire. Grâce à elle, la scène de la moto au début, on dirait du Dark Knight.