le blogbuster - Chroniques cinéma de Ripley et Maverick
Viva la revolucion!
par Maverick | le 20 janvier 2011 | Pas de commentaire, une réaction ?
Même la pluie, de Iciar Bollain

Le très joli titre renvoie au discours d’un Indien bolivien au début du film. Il proteste contre une compagnie cherchant à privatiser le système de récupération d’eau de pluie de son quartier. « Ils nous prennent tout, même la pluie. » Cet Indien charismatique est aussi un personnage du film tourné par l’enthousiaste Sebastian (Gael Garcia Bernal). Et ça plaît moyen à la production de voir son acteur porte-parole d’une révolte populaire comme la Bolivie en produit à la chaîne.

Le parallèle saute aux yeux. Par économie, un metteur en scène espagnol tourne en Bolivie un film « coup de poing » sur la découverte de l’Amérique. Le dénonciateur du colonialisme d’antan ne serait finalement qu’un soldat de l’impérialisme d’aujourd’hui. Malin. Le donneur de leçons est mis face à ses contradictions par le maire de la ville. Il voudrait que la révolte s’arrête parce qu’il a un tournage à terminer. La mission de l’artiste face aux besoins du peuple. Le choc entre le monde du cinéma et le monde réel. La bonne conscience occidentale contre les vraies valeurs.

Deux scènes suscitent le malaise. Dans la première, l’équipe répète une scène dans une villa et les acteurs se servent des domestiques boliviens, consternés, pour jouer les Indiens. Dans l’autre, toute l’équipe dîne au restaurant. Un des comédiens interroge la serveuse sur des mots en quechua. Elle répond parce qu’elle n’a pas le choix. Lui passe pour un imbécile  avec  sa curiosité condescendante. Bref, l’écart de niveau de vie est trop grand pour que chaque camp ait des choses à partager avec l’autre.

Le moralisme dont ne se prive pas LA réalisatrice (Iciar est un prénom féminin, merci Ripley) agace un peu. Les riches ont l’argent donc le pouvoir (pratique pour les pots de vin notamment) mais la fierté et la dignité sont forcément du côté des pauvres. L’Occidental est paternaliste (le réalisateur), profiteur (le producteur) ou culpabilisé (l’acteur). Evidemment, au bout du chemin, il y a la rédemption. C’est un peu facile et ça gâche le plaisir d’un film, par ailleurs, riche de qualités.

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