le blogbuster - Chroniques cinéma de Ripley et Maverick
La terre des libres, la patrie des braves
par Maverick | le 11 septembre 2010 | Pas de commentaire, une réaction ?
DEAUVILLE, Fair game (hors-compétition)

C’est ça qui est beau aux States. Cette capacité à évoquer son histoire récente. Alors que Mathieu Kassovitz tourne un film sur les événements en Nouvelle-Calédonie près de 30 ans après les faits, Hollywood revient sur les mensonges de la guerre en Irak quand le conflit est toujours en cours. Fair Game, c’est la version civile de l’excellent Green Zone sorti il y a quelques semaines. On notera, même si ce n’est probablement qu’une coïncidence, que ces deux films ont été réalisés par les deux hommes qui ont travaillé sur la trilogie Jason Bourne.

Doug Liman raconte cette histoire vraie avec la même efficacité que dans les aventures de l’espion amnésique. D’où un film haletant.  L’affaire avait fait la Une lors de l’intervention américaine en Irak. Un ancien diplomate dénonçait dans un éditorial les mensonges de l’administration Bush. Pour le discréditer et noyer le poisson, un membre de la Maison Blanche avait révélé à la presse que ce diplomate était marié à une espionne de la CIA. Le couple est insulté, menacé, diffamé. Le spectateur appartenant à une espèce réactive à l’injustice, Fair Game fonctionne à plein.

Sean Penn, connu pour son engagement à gauche, trouve l’occasion de crier dans un film ce qu’il répétait en boucle à la télévision. Le gouvernement Bush a escroqué le monde. Ca explique l’intensité de son personnage dès qu’il s’exprime sur la politique de son gouvernement. Face à lui, Naomi Watts ne s’efface pas et dégage au contraire une impressionnante force tranquille. Les deux ont la gentillesse de nous éviter  le couple larmoyant soudé dans l’épreuve.

Les Etats-Unis font des erreurs. Leur force, c’est de les assumer. Dans la réalité comme au cinéma. Ils n’hésitent pas à montrer leurs mauvais choix mais ils démontrent aussi au reste du monde qu’il y a toujours un Américain pour remettre son pays dans le droit chemin. Le raconter dans un film, c’est contribuer au rayonnement culturel de la bannière étoilée.  L’Amérique n’aime pas l’échec. Hollywood parle de l’Holocauste via les vies sauvées par Oskar Schindler. A la fin de Titanic, Rose retrouve Jack comme si les amants étaient plus forts que la mort. Fair Game obéit au même principe. Le gouvernement s’est foutu de la Terre entière, la guerre a été déclarée, des milliers de personnes ont été tuées mais à la fin du film, la démocratie a quand même l’air d’avoir gagné.  Et le spectateur sort de la salle avec le sentiment que les Etats-Unis sont un grand pays. C’est aussi grâce à Hollywood que l’Oncle Sam domine le monde.

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