le blogbuster - Chroniques cinéma de Ripley et Maverick
On n'est pas des pédés!
par Ripley | le 23 août 2010 | 3 commentaires
Expendables, unité spéciale, de Sylvester Stallone

Être mercenaire, c’est cool. Tu bois une bière en pilotant ton avion, tu défonces des beaufs sans forcer, tu dégommes à tout va avec le canon ultra-puissant de Rambo 4. Et ça, c’est bon. Expendables, unité spécial ressemble aux films que les gens ont arrêté d’aller voir au cinéma. La seule raison qui en fait un événement, c’est son casting évidemment. Et le plaisir de revenir à l’action brute après des années de culpabilisation. Stallone n’a pas fait le chef d’œuvre crépusculaire que sa distribution laissait espérer, voire que Stallone lui-même avait promis.

 Expendables n’est pas au film d’action ce qu’Impitoyable fut au western. On n’y retrouve même pas la nostalgie de Rocky Balboa ou le désespoir de John Rambo. Il a juste réalisé un film bourrin de plus à une époque où le cinéma a choisi des héros plus cérébraux. Un film sans véritable ambition que des explosions toutes les 10 minutes. Un scénario sommaire s’assurant que ça castagne, égorge, poignarde et sanguinole. Le spectateur est venu pour ça. Et malgré l’évidence du coup marketing, voir Bruce Willis, Sylvester Stallone et Arnold Schwarzenegger se chambrer dans une église le temps d’une courte scène déclenche une jubilation incontrôlable.

Le principal reproche que l’on peut faire à l’acteur-réalisateur, c’est de ne pas mieux exploiter son casting de gueules cassées, détruites par les ans et les stéroïdes. Son casting méritait quelque chose de plus ample, à la 12 salopards.

L’avis de Ripley: il a foutu le camp, le temps du Lila

Etre enfant, c’est croire que son papa est invincible. C’est croire que les seuls types de son calibre, ce sont les types qui jouent dans The Expendables, unité spéciale. Ces types qui nous ont abreuvé de combats, d’armes à feu extraordinaires, de répliques incroyables depuis les années 80. Des types qui ont poussé de la fonte et transpiré sur des tournages boueux pour nous donner quelques grands films d’action, beaucoup de séries B, plein de moments divertissants.

Pour Sylvester Stallone, ils sont tous venus, les grands en guest-stars (Schwarzenegger et Bruce Willis), les acteurs déchus et les acteurs de série B, même Dolph Lundgren avec qui il n’était pas très copain dans Rocky IV.

Ils sont comme mon papa, que personne n’oserait embêter dans la rue, tapé ou pas. Comme mon papa, ils n’ont pas changé d’avis depuis les années 80’. Ils croient fermement à la franche camaraderie entre musclés, au fait que les méchants ne comprennent que la violence, et qu’ils peuvent nous divertir comme avant, et comme on les aime, on a envie de se retrouver tout petit face à l’explosion d’un ponton, et à une bonne scène de combat à l’arme blanche.

Sauf que ce film des années 80 ressemble trop aux années 80, et que je me suis sentie vieille à regarder les messieurs stéroïdés se battre contre les méchants narco-trafiquants. Si le temps du Lila a foutu le camp, c’est parce qu’on a vu bien de choses depuis, que les missions de warriors ont perdu de leur saveur, la faute au 11 septembre, aux OGM, à Jason Bourne, bref ça ne prend plus. Les ingrédients que l’on aimait, la tension, le suspense, la vitesse, l’ultra violence, se sont répartis dans d’autres genres de films depuis (Démineurs, Tigre & Dragon, The Dark Knight, Cloverfield). Les réalisateurs de maintenant ont bien compris que ces piliers du films d’action n’étaient pas quantité négligeable, et les ont savamment distillés dans des genres plus nobles.

Cette madeleine de Proust concoctée par Stallone a donc la saveur amère de notre propre vieillissement. Rourke pleurniche sur la guerre en Bosnie, le film du 20 H 00 de nos 13 ans, et on finit par s’ennuyer d’être si vieux.

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3 commentaires sur “Expendables, unité spéciale, de Sylvester Stallone”

  1. Arnold, pas Schwatzy, l'autre:

    Salut Gab,
    merci pour cet hommage et ces références, j’irai évidement voir ce film dont les héros sont de ma génération.

  2. deb:

    Quand meme, il manque Steven Seagall a l’affiche…

  3. Julien:

    Bon alors ça y’est, j’ai enfin vu ce film hier soir. Qlqs rmq:

    - Stallone ressemble a Johnny Halliday avec son mini bouc et sa tête de vieux rajeuni a la chirurgie.
    - quand il court, c’est pathétique, on dirait passe-partout.
    - il n’y a aucune scène de combat qui m’a impressionne. Seul Statham sort un peu du lot avec qlq trucs pas mal. Heureusement que Stallone a placé une technique de Krav de brisage de la nuque par chute sur le mec. Sympa.
    - la scène entre lui, Willis et Schwartzy est profondement jouissive bien que trop courte.
    - les bons moments (pour moi uniquement) furent les plans sur la Panerai de Sylvestre tout au long du film. Jason aussi mais on la voit moins.
    - j’ai du mal a croire en la tyrannie de l’agent Angel Baptista.
    - de même pour Julius Rock.
    - Charisma Carpenter a pris un coup de vieux depuis Buffy mais reste sacrement bonne.
    - a priori Vandamne aurait du incarner le second couteau du géant chauve vu l’acteur qui lui ressemble. Il a refusé parce qu’il voulait pas se faire tuer comme ça.
    - la réplique qui m’a fait sourire : » – Qui t’envoie ? – Ton coiffeur. » , lancé a ce même géant chauve.
    - mêmes effets spéciaux gores que dans John Rambo. Tjs sympa a voir.

    Je donnerais donc une note de 7/10. Divertissant et traditionnel mais je ne sais pas si on s’en souviendra dans 5 ans.

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