



The Ghost Writer est un très bon thriller de Polanski et un film d’un classicisme étonnant. C’est l’histoire du nègre d’un ancien Premier ministre britannique ; il remplace un prédécesseur mort « accidentellement » ; et découvre que tout n’est pas rose au pays de la politique en même temps qu’il finira par comprendre ce qu’il en est de l’accident du type qu’il remplace. L’ex-Pemier ministre est inculpé pour crime de guerre pour avoir livré des terroristes présumés aux américains, et Ewan Mc Gregor (le nègre) se retrouve pieds et poings liés avec l’équipe du premier ministre, femme et attachée de presse comprises sur une île américaine angoissante et pluvieuse.
Moi j’aime bien le classicisme ; quand il sert un propos, ici la quête de la vérité en même temps que le déniaisement du gratte-papier chargé de la découvrir. Polanski mène l’enquête avec rigueur, tension et application. La pression monte en même temps que les marées qui annoncent la tempête par laquelle le mal arrive. La direction artistique, toute en brume, colle de près à l’état d’esprit des personnages et aux inquiétudes croissantes de tout un chacun, qui a peur pour sa vie, ou pour sa carrière. C’est une des marques de fabrique de Polanski que de mélanger petite et grande histoire pour attraper le spectateur par le bras et le coller à son siège ; ce n’est pas innocent, pour un type qui a filmé une version de MacBeth (1971) de revenir au questionnement de l’origine du pouvoir. Pour Polanski, il est clair que celle-ci est toujours tâchée de sang. Dans les éléments déchaînés, Pierce Brosnan, qui incarne l’ex-Premier ministre Adam Lang est très juste, charismatique et efficace, roi déchu mais roi quand même, promis donc à une fin shakespearienne.
On se laisse embarquer dans cette histoire d’espionnage à la saveur feutrée mais humide – car malsaine – des Trois Jours du Condor, autre film de années 70 où voir un type au téléphone avec un interlocuteur mystère faisait peur.
Polanski a le bon goût d’aller au bout de sa logique, ce qui crédibilise le film. Pas mal donc.
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J’ai bien envie de comparer ce film à « Shutter Island ». Dans les 2 cas, un réalisateur majeur, une île perdue dans le brouillard des côtes de Boston, une enquête plus littéraire que cinématographique et un héros un peu paumé.
Dans les 2 cas, ça pourrait facilement faire un film un peu pourri. C’est là qu’on voit la capacité des grands à raconter une histoire et à densifier sa mise en scène. Dans les deux cas, malgré quelques faiblesses de rythme, c’est passionnant. Avantage à « Shutter Island » avec Scorsese, Di Caprio, Ruffalo et une intrigue plus profonde et séduisante.