



Le pitch est génial. Tout simplement génial. Le film l’est hélas beaucoup moins.
A la suite d’une épidémie, 98 % de la population est devenue vampire, vit la nuit et traque les humains restants pour se nourrir, mais la pénurie menace. Ethan Hawke, scientifique vampire aux canines acérées et au cœur pur cherche à fabriquer du sang de substitution pour arrêter le massacre.
Le générique est très beau, qui pause les bases d’un film de genre noir, inspiré de l’esthétique baroque de Dark City ; le début du film est bien aussi. Le monde des vampires, qui est le nôtre, ses parias, l’absence de sang et la peur de la fin qui pousse les autorités à traquer les humains sans relâche. Les autorités se débarrassent des monstres crève-la-faim, bêtes immondes, dans une métaphore assez abrupte de la lutte des classes où les pauvres ne servent à rien et n’ont qu’à avoir la politesse de mourir, sans quoi on les y aidera.
C’est ce thème récurrent et magnifique – quel sens à l’immortalité quand les cœurs ne battent plus? – , fil conducteur des plus belles histoires de vampires, qui hante le héros. Tout ce cirque, très 50’ dans l’esthétique, c’est bien une génération qui confisque à l’humanité son avenir, se figeant dans l’âge adulte de l’épidémie, pour dominer le monde éternellement.
Une fois qu’on a dit ça, Daybreakers souffre de très gros problèmes de rythme, le film d’action prenant le pas maladroitement sur le film de genre. Il s’ensuit un imbroglio course-poursuite pas forcement bien mené qui amène à une conclusion ratée. Les scènes d’actions sont crades, le film vire au film d’horreur sans budget, où la charpie sanguinolente s’étale lourdement.
Des thèmes intéressants mais mal exploités, la faute au scénario, la faute au budget sûrement, dommage, dommage, aussi dommage qu’un film de vampires avec une affiche de casse de banque, tiens, tiens, c’est le cas.
Une synthèse à peu près complète donc de ce que le vampirisme peut donner au cinéma, en films cheap et en questions passionnantes, qui ne seront ici qu’effleurées.
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C’est vrai que l’affiche donne pas très envie.