



Il était une fois Gainsbourg, un super film pendant les 45 premières minutes, ce qui était déjà bien. Plein d’idées incroyables, de plans inattendus, de mélanges de dessins, de poésie confèrent à ce début de film une vraie narration de conte, et un charme original et frais. Une des bonnes idées de Sfar c’est de ne pas sombrer dans une œuvre basée sur une performance d’acteur. Si Elmosino est excellent, c’est le soutien inconditionnel que lui apporte la mise en scène, le surnaturel, son avatar, les seconds rôles, qui donnent corps à ce conte sur la vie de l’irrévérencieux compositeur, poète, chanteur ; un scénario vraiment original en somme.
Ensuite il faut en finir, et Sfar semble penser que la création ne sauve pas la morale ; dans un vrai conte il n’en aurait eu que faire de tout ça. Sfar, tellement à l’aise avec l’enfant grande gueule et l’artiste paumé n’a pas de biais pour cette fin de vie, vu l’immense tendresse qu’il porte au personnage. Après Juliette Gréco, moment magnifique, il tombe dans le film plus classique, les femmes célèbres s’enchaînent, comme les épreuves d’un conte, ça n’apporte pas grand-chose. Le conte vire au biopic via des passages obligés, dont Sfar s’était dégagé avec finesse au début. Malgré cette terrible ambivalence, ça reste à voir.
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