



Les deux films les plus médiatiques du mois Avatar et Les Chats Persans ont beaucoup à voir. Je sais, dit à voix haute, cette phrase peut vite te faire passer pour un con. James Cameron pourrait racheter l’Iran avec le budget de son épopée animiste au message universel (comme toute production hollywoodienne). Il lui a fallu près de 12 ans pour la pondre au prix d’investissements technologiques massifs. Bahman Ghobadi a quant à lui réalisé sans autorisation et en 3 semaines un film sur l’absence de liberté d’expression en Iran au prix de risques majeurs.
C’est ce qui les relie tous les deux. Ils sont d’abord perçus pour ce qu’ils représentent -des gageures- plus que pour ce qu’ils sont – des films moyens-. Normal. Le regard sur le processus de fabrication de l’objet intrigue autant que l’objet lui-même. La lumière d’une sortie de secours, les cheveux de la personne devant lui, le grincement d’un siège ramènent le spectateur à son statut. Il n’est pas acteur donc il est à distance donc il a du recul sur ce qu’il voit.
En montrant ces jeunes Iraniens qui répètent dans des caves, en montrant ces visages qui se cachent à la vue d’une caméra, en montrant ce Téhéran à coup de plans volés, Bahman Ghobadi filme plus qu’une promo géante pour la pop-music iranienne. Il parle de son travail à lui. En Iran, la musique, le cinéma et le reste sont tels les chats persans et les chiens: condamnés à la sphère privée pour cause d’impureté.
Au final, James Cameron et Bahman Ghobadi partagent le même amour d’un cinéma différent. Ca ne suffit pas à faire un bon film mais ça inspire le respect.
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