le blogbuster - Chroniques cinéma de Ripley et Maverick
L’âge de glace du féminisme
par Ripley | le 8 décembre 2009 | Pas de commentaire, une réaction ?
La domination masculine, de Patrick Jean

 Ce que j’ai préféré dans la domination masculine c’est l’affiche, produit d’appel fort, non dénué d’humour, qui aura forcé le chaland à se retourner dans la rue. Le reste déçoit.  A vouloir trop en dire, le film qui se veut une enquête sur l’Etat du monde occidental dans son rapport aux « gender studies » et se perd entre symptômes et causes, sans jamais vraiment toucher celles-ci.

La densité du sujet, largement laissé en friche dans les sciences humaines Européennes, oblige le réalisateur à parler d’à peu près tout. Alors oui, il a raison, le conditionnement des petites filles commence chez Jouet Club, tu t’occuperas de la maison et une princesse tu seras. Mais non, le sexisme ordinaire ne conduit pas à la maltraitance féminine, il la nourrit, l’excuse, occasionne parfois un intolérable laissé choir mais il est l’arbre qui cache la forêt de nos peurs et qui nous visse à nos petits acquis.  En analysant le rapport des hommes à leur Pénis, à leur masculinité, il passe à côté du sujet, qui est la conditionnement des femmes, ici affleuré, et continue de maintenir les femmes dans cette volonté perpétuelle de compréhension de l’homme qui en fait des victimes désignées, des êtres subissants, par essence.

A certains moments, Patrick Jean frôle le sujet, avec ces féministes québécoises, qui admettent bien volontiers que ce sont les femmes, elles mêmes, leurrées par une pseudo égalité formelle, qui soutiennent le système aujourd’hui.

Ce film, pourtant nécessaire, est en retard de mille ans, comme nous le sommes sur l’égalité réelle des sexes. L’enjeu est de taille, il faut sortir du politiquement correct, sortir de nous même, et poser d’autres questions comme le font Camille Paglia (Vamps & Tramps), Virginie Despente (King Kong Théorie), bêtes médiatique isolées.

Le vrai féminisme est un djihad, pas au sens fanatique du terme, qui partira nécessairement d’une introspection sans concession. La route est longue.

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