le blogbuster - Chroniques cinéma de Ripley et Maverick
Arnacoeur
par Maverick | le 6 décembre 2009 | 1 commentaire
A l’origine, de Xavier Giannoli

Ma maman me parle toujours de « l’homme pressé » en mimant l’étouffement. Le spectateur a envie qu’Alain Delon s’en sorte mais peut pas s’empêcher de sentir venir l’impasse. A l’origine essouffle exactement de la même manière.

Xavier Giannoli disposait d’une histoire vraie en or qu’il a transformée en film dense. Visuellement, il exploite au mieux son chantier d’autoroute et scénaristiquement, ses personnages existent tous avec environ le même niveau de désespoir.

Le premier d’entre eux, c’est l’escroc, héros pathétique. François Cluzet nous refait le coup de l’autiste de ses dernières sorties. Ça se prête plutôt pas mal à un arnaqueur paumé pas charmeur du tout et qui disparaît complètement face au monstre (mot à double sens) Depardieu. Et pourtant, con comme il est, le spectateur s’inquiète de son sort. Pas parce que Cluzet se décide à construire cette autoroute pour se sentir enfin utile et socialement reconnu. Mais parce que derrière ses mensonges et l’étau qui se resserre, il y a toute une communauté qui rêve de sortir de son enclavement grâce à ce morceau de bitume.

Une amie me disait récemment « t’as pas idée de ce que les femmes sont prêtes à croire« . A l’origine démontre que la remarque va bien au-delà du sexe faible. Le désespoir rend moins regardant. « Plus c’est gros, mieux ça passe« . Autre remarque qui ne s’applique pas qu’aux femmes.

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1 commentaire sur “A l’origine, de Xavier Giannoli”

  1. Ripley:

    Ta maman est responsable de plusieurs de tes bonnes chroniques.
    Merci à elle.

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