le blogbuster - Chroniques cinéma de Ripley et Maverick
Hello les BoBos
par Maverick | le 9 novembre 2009 | 4 commentaires
Away we go, de Sam Mendes

Quand son nom apparaît en grand sur l’écran de la salle 21 de l’UGC Ciné-Cité Bercy, je me refuse à y croire. Je l’ai toujours trouvé surcôté, survendu, sur-tout. Et pourtant, il faut me rendre à l’évidence : j’ai (beaucoup) aimé un film de Sam Mendes. Peut-être parce que cette fois il n’y avait pas Kate Winslet et un film sans Kate Winslet, c’est toujours mieux qu’avec. Un couple d’Anglais surestimés. Voilà comment je les vois ces deux-là.

Pour me forcer à m’énerver, je me dis qu’Away we go n’est que l’énième « nouveau phénomène du ciné indépendant US » qu’on nous refourgue chaque automne. Garden State, Little Miss Sunshine, Juno… A chaque fois, un titre anglais, un mec qui chuchote derrière une guitare en guise de bande-son, un peu de caméra à l’épaule, des couleurs ternes, une barbe, des personnages barrés, un décor de banlieue triste, une pointe de road-movie et des dérèglements familiaux. Les ingrédients sont différents mais le principe est le même que les blockbusters de l’été: une recette. Même avec cet argument-là, je n’arrive pas à me convaincre.

Away we go parle de couple comme Revolutionnary Road, le précédent film de Mendes. C’est son total négatif. Pas ambitieux, pas glamour, personnages principaux sympathiques, rigolo, optimiste, maternité heureuse (« voir ton sourire sur son visage »)…Je pense que chaque homme aimerait pouvoir regarder sa compagne avec la douceur, la bienveillance et la tendresse qui habitent John Krasinski à chaque fois qu’il pose les yeux sur Maya Rudolph. De l’amour sans niaiserie (« je te promets de t’aimer même si je n’arrive plus à trouver ton vagin »), un rafraîchissement quotidien pour retenir cette routine qui détruit la vie à deux (les cris soudains pour remonter le pouls du bébé), un épuisant travail de tous les instants. Le personnage masculin le fait avec une facilité désarmante.

Ce couple idéal de post-adolescents que la maternité met sur la route de la maturité, on a envie d’y croire. Mais tout ça, ç’est du cinéma. Et quand les portes de la salle 21 s’ouvrent, le monde réel se rappelle au bon souvenir de ceux qui la quittent. Pendant une belle heure et demie, ils l’avaient un peu oublié ce monde-là. Grâce à Sam Mendes.

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4 commentaires sur “Away we go, de Sam Mendes”

  1. elise:

    Rien à redire….

  2. Ripley:

    Then I’ll go.

  3. Ripley:

    Je suis un peu étonnée par ton romantisme sur ce coup là. Le message est un peu : ce qui peux vous arriver de pire en ayant des enfant c’est d’arrêter d’être drôle…Très bourgois quand même. Indéniablement joli mais bourgeois.

  4. Barbara:

    J’ai aimé ce film! J’ai aimé la façon dont ils découvrent qu’ils ont plus que leurs couples-amis, et comment pendant leurs voyages, ils arrivent à trouver leur voie, et leur place dans le monde.

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