



Cinéma du Casino de Cabourg, Cendrillon, j’ai 8 ans, il pleut quand on sort. Dives-sur-Mer, un autre été, L’histoire sans fin, il pleut toujours. Comment se fait il que je m’en souvienne si bien alors que j’envisage le Botox ?
Bruno Bettelheim a longtemps étudié les contes folkloriques pour enfants. Pour lui, ce sont les seuls récits qui divertissent tout en faisant réfléchir à des interrogations profondes de l’enfant et qui l’aident à se construire bien au delà de ce qu’il est capable de formuler de ses angoisses. Ainsi le Chat Botté n’est pas un conte « moral » mais c’est un conte qui dit que le plus humble des humbles peut s’en sortir, et à cet égard il offre, si ce n’est une leçon, un espoir.
Si l’on suit Bettelheim, avec Là-Haut, Pixar c’est à la fois les frères Grim, Andersen, Dickens, et Freud. Là haut, qui est un film sur le deuil, est un film qui donne un sens à l’existence et qui nous confronte, pendant 2 h 20 à notre angoisse de la mort, de la solitude et à la difficulté de donner un sens à sa vie.
Nous nous souvenons du cinéma de notre enfance car il nous divertissait. Là-Haut excelle de trouvailles, de blagues, d’images incroyables et de gags (le réveil crapaud !). Nous y sommes retournés parce qu’on écrit aujourd’hui des films qui formulent avec une poésie recevable et une intelligence de scénario gigantesque le plaisir de s’aimer chaque jour, la peur de perdre ceux qu’on aime, les épreuves que l’on traverse ensemble et tout seul et la vie toujours trop courte et qui n’est jamais celle que l’on a rêvée.
Les larmes roulent sous les lunettes 3D comme la pluie de Normandie, et on en sort l’âme remuée et le cœur délesté d’un peu de nos craintes. Là haut est un chef-d’œuvre.
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