



Ashton Kutcher nous avait déjà fait le coup avec L’effet papillon. Un film sur l’implacabilité du destin déguisé en chick-flick (comprendre truc pour gonzesses). Le temps dira si Toy Boy est un chef d’œuvre sous-estimé mais c’est déjà une grande réussite.
Le film démarre sur Los Angeles, ville-symbole du rêve américain vue des collines, et une réplique qui donne le ton : « Sans vouloir me vanter, je suis irrésistible ». Suit une demi-heure de conseils de drague comme les assènent les coaches en séduction à la mode depuis Hitch. On apprend notamment qu’au début d’une relation, un mec marque des points (3 pour un orgasme par exemple) et qu’à 26, c’est dans la poche, il peut retourner regarder le foot à la télé. Mais là où Hitch s’enfermait dans le politiquement correct, Toy Boy dérape joyeusement.
Le métrosexuel Niki, ourlet, boucles d’oreilles et bretelles apparentes, se tape une avocate plus âgée (l’ombre de Demi plane) en échange de sa carte bancaire, se fait faire une gâterie par un casque de foot US, refait le coup de l’amoureux à une amie d’enfance. Avec ce cruel constat : l’envie d’épouser sa partenaire pendant l’acte se transforme en dégoût d’être touché après l’orgasme. On filerait tout droit vers un truc joliment misogyne si Niki tombait pas sur lui en meuf. Et là, ça bascule. On n’est plus dans la fausse comédie romantique mais dans le vrai drame amoureux. Parce que le rêve américain coûte cher et que les sentiments n’ont jamais rien rapporté.
Dans la même veine:
- Take it to the next level, de Guy Ritchie
- La copine de mon meilleur ami, de Howard Deutch
- L’enfer du dimanche, d’Oliver Stone (2000)
- A l’origine, de Xavier Giannoli
- Merde !! C ‘est aussi la rentrée de Machos !!
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Tags: 3 étoiles, drague, hitch, homme objet, los angeles, séduction
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Toy Boy est aussi drôlement audacieux car il propose un questionnement marxiste à Hollywood de la marchandisation du corps. La question que Nikki et son alter ego soulèvent est vaut il mieux vivre riche et sans dignité que pauvre ? Et le film a l’intelligence de ne pas trancher. Il renvoie dos à dos la triste déshérence de la pauvreté et celle de la prostitution (où l on est jamais qu’un objet). Super film.
Bonne revue, Je suis impatiente de voir le film!