Precious, de Lee Daniels
mars 16th, 2010 par Maverick
+++ Zola à Harlem
Ripley et une autre amie m’assurent que le bouquin dont s’inspire le livre est un chef d’œuvre. Moi, je savais même pas qu’il existait. Il y a des études sociologiques pour le prouver mais les filles lisent plus que les hommes. Nous, on préfère la télé. Donc le bouquin, j’en sais rien mais alors, c’est sûr, le film est magnifique. J’ai envie de dire que c’était moins évident. L’obésité et la misère, c’est plus facile à lire qu’à regarder.
L’histoire fait pas dans la nuance en plus. Precious cumule. Elle est obèse donc mais aussi noire, pauvre, porteuse du VIH, battue, incestée (à 16 ans, elle est enceinte pour la 2ème fois et le papa, c’est son papa) et illettrée. Pour paraphraser Coluche, les hommes naissent libres et égaux mais y en des moins égaux que d’autres. Lee Daniels arrive à rendre digeste un truc qui partait, vous le reconnaitrez, sur de mauvaises bases. Lee Daniels, profession: équilibriste. Il n’a quasiment pas recours à l’humour mais évite la déprime, il se sert du pathos mais ne verse pas dans la niaiserie, sa réalisation est réaliste mais son film n’est pas dur. Historiquement, il restera celui qui a associé sobriété à Mariah Carey. Son plus grand exploit.
Ce qui sauve Precious, ce sont les mots. Son illettrisme et sa mère (Hannibal Lecter vient de perdre son titre de méchant le plus terrible du cinéma) la coupent du monde. Pour survivre à sa souffrance et à sa solitude, elle rêve. Les mots ne font pas maigrir ou ne guérissent pas du Sida mais ils peuvent épanouir les cœurs. Niveau bonheur, Precious part de si loin que c’est déjà ça.











